Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

Undefining Beauty

Cette semaine, le blog d’Access Consciousness explore l’image de soi avec Andrea Belluso, Facilitateur certifié d’Access Consciousness® et photographe de grand talent.

État des lieux

En général, les photos postées sur les réseaux sociaux ne nous laissent pas indifférents. Nous y réagissons souvent et certaines tendances nous interpellent.

On peut lire parmi des sondages menés auprès de jeunes* notamment qu’une majorité d’entre eux pensent que « les médias leur imposent une certaine image du corps ». Et une idée prévalente est que « pour réussir dans la vie, il vaut mieux être beau ». On comprend mieux l’obsession autour de l’image de soi sur les réseaux sociaux. Ce même sondage dit encore que « l’image renvoyée à travers son corps est d’autant plus importante qu’elle s’ancre dans la réalité et la réussite sociale et ne se limite plus à une volonté de ressembler aux stars que l’on aime ».
*Source

La folie de la chirurgie esthétique

Il fut un temps où la chirurgie esthétique était courue surtout par une génération redoutant les marques du temps sur leur corps et surtout leur visage. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes y recourent. Non seulement ils y recourent, mais avec demande de ressembler aux filtres des réseaux !

Andrea: « Beaucoup de gens essaient de rentrer dans une toute petite case “image” qui correspond à un consensus sur les réseaux sociaux et dans la société en général. Mais personne ne peut rentrer dans cette case, car elle n’existe pas. Cette case est construite, à dessein, de façon à ce que personne ne puisse y entrer. Ainsi, ils seront éternellement insatisfaits et continueront à essayer d’y rentrer et cela devient une addiction à quelque chose qui n’existe pas et qui est inatteignable.

Image et persona

Les gens essaient souvent de construire des images plutôt que de choisir des persona. Les deux visent à présenter une facette de nous-mêmes.

Quand on crée une image, on crée quelque chose pour le faire rentrer dans les cases. Par exemple, quand on parle avec son chef, ou ses parents, on devient des personnalités différentes selon la personne avec qui l’on parle. Et on fait cela automatiquement, sans réfléchir. On a appris à le faire tout jeune. Quand on crée une persona, on la crée de manière consciente et sans point de vue pour créer quelque chose de plus grand. »

En résumé, quand on fonctionne à partir de l’image, on se prend pour l’image qu’on donne et, ce faisant, on se réduit à quelque chose de très restreint. On devient l’image qu’on veut projeter et on s’y limite.

Cependant, lorsqu’on fonctionne à partir de la persona, on choisit en conscience une attitude, un rôle, une facette, parce que cela va fonctionner dans la situation présente. Mais l’on ne devient pas pour autant l’attitude, le rôle ou la facette. On reste soi, dans toute son ampleur.

Quand vous réagissez à des photos sur les réseaux, vous avez maintenant peut-être une petite idée de ce qui vous fait réagir. Par hasard, seriez-vous conscient de tous les mensonges que les gens (se) racontent ?

À quoi ressembleraient les réseaux sociaux, si plus de monde choisissait de fonctionner plutôt à partir de la persona que de l’image ? Si les gens n’avaient pas le besoin de prouver quoi que ce soit à travers leur image ? Ni sur les réseaux sociaux ni dans la vie en général ?

« La photo n’a aucun point de vue »

En tant que photographe, Andrea propose des séances de facilitation en shooting. Au lieu d’utiliser l’appareil photo comme une arme de jugement comme le font la plupart des photographes (et comme lui avant), il l’utilise comme un outil de possibilités. Ni l’appareil photo ni la photo elle-même n’ont de points de vue. Ils montrent seulement les jugements que l’on a.

Quand on voit une photo de soi qu’on n’aime pas, au lieu d’aller dans le jugement, on peut poser la question : « Quel jugement suis-je en train de voir, qui, si j’allais au-delà de ce jugement, me permettrait vraiment de recevoir ma beauté ? »

Le jugement positif est aussi du jugement

La chose à laquelle la plupart des gens ne pensent pas, ce sont les jugements positifs. Tout positifs soient-ils, les jugements positifs sont aussi des jugements. Quand on a un jugement, négatif ou positif, on détruit ce qu’on désire créer et quand on est reconnaissant pour ce qu’on juge, on crée beaucoup plus.

Quand on dit : « Je suis beau ou je suis belle », il faut regarder l’énergie : est-ce que c’est une reconnaissance ou est-ce que c’est un jugement ? On peut utiliser les mêmes mots, mais avec une énergie totalement différente.

Dans la classe qu’il a créée, Undefining Beauty (qu’on pourrait traduire par « Dé-définir la beauté »), Andrea montre comment amener de la gratitude dans les photos qu’on a jugées et transformer ainsi le jugement en reconnaissance.

Un autre regard

La vraie beauté, c’est recevoir de tout et de tous, sans jugement et sans attente. C’est voir la beauté au-delà des yeux, des appareils photo et caméras, etc., dans toute notre vie. Gary Douglas, le fondateur d’Access Consciousness dit : « La beauté est partout et la laideur est créée. La seule façon de détruire la beauté, c’est par la laideur du jugement. »

Andrea dit encore : « En tant que photographe, j’ai la capacité à voir au-delà des jugements. En réalité, je ne vois même pas le corps, bien sûr, mes yeux le voient, mais je le vois comme une contribution. Je vois l’être infini et je rencontre une énergie, sans le filtre des jugements. »

L’exercice du miroir

Andrea nous propose deux exercices pour commencer à défaire nos jugements à l’aide des photos.

Quand on se regarde dans le miroir, il faut savoir que c’est un mensonge. C’est une image renversée de nous-mêmes, et ce n’est donc pas ce que les gens voient quand ils nous regardent.

Regardez-vous dans le miroir comme quelqu’un que vous ne connaissez pas encore, en vous regardant dans les yeux et sans regarder les détails du visage. Passez-y quelques minutes, sans penser.

Puis fermez les yeux et percevez l’énergie autour de votre corps et soyez présent au corps. Expansez-vous. Quand vous êtes détendu, avant d’ouvrir les yeux, attendez-vous à rencontrer quelqu’un pour la toute première fois. Sans passé, sans points de référence.

L’exercice des photos

Prenez une série de photos de vous. De celles où vous vous aimez et de celles où vous ne vous aimez pas.

Choisissez d’abord celle que vous jugez le plus et projetez un maximum de jugements sur la photo et sur tout ce qui remonte, sur vos choix, sur des événements passés, etc.

Puis prenez une photo que vous aimez beaucoup. Envoyez-lui de la gratitude, plein de gratitude. Pour la photo et pour toutes les personnes et choses envers qui vous êtes reconnaissant.

Ensuite, placez les deux photos l’une à côté de l’autre, sachant que celle pour laquelle vous avez de la gratitude ne pourrait jamais exister sans celle que vous jugée.

Pouvez-vous maintenant être reconnaissant pour la photo que vous jugiez ? Juste pour cela, pour avoir donné vie à la photo que vous aimez comme un passage nécessaire pour atteindre ce que vous aimez ?

Les photos, entre nombreuses autres choses, nous montrent ainsi que chaque pas de notre vie est un pas nécessaire pour atteindre ce que l’on désire. Et plus nous sommes reconnaissants pour chacun de ces pas, plus vite nous obtenons ce que nous désirons. Plus nous avons de jugements, plus nous détruisons notre vie.

Andrea Belluso en shooting-facilitation

Facilitateur certifié d’Access Consciousness et photographe, Andrea Belluso est aussi le créateur d’une classe de spécialité appelée Undefining beauty. On pourrait traduire ce titre par « la beauté sans définitions ». Cette classe vise à détricoter toutes les définitions que nous avons de la beauté pour trouver l’essence même de la beauté et la nôtre.

Le site de Undefining beauty