Mais en fait, c’est quoi un cadeau ?

Avec les fêtes, arrive la saison des cadeaux. Et cela fait remonter beaucoup de choses, autant plaisantes que déplaisantes ! Mais en fait, c’est quoi un cadeau ?

La valse des points de vue

Au fil des conversations avec les uns et les autres à l’approche des fêtes, on prend conscience de la diversité de points de vue sur les cadeaux. On les aime ou on les déteste, on regarde à son portefeuille ou on dépense sans compter (qu’on en aie les moyens… ou pas) ou on se dit que le vrai cadeau n’est pas forcément matériel (ou on essaie de s’en convaincre), on calcule le budget, donner, oui, mais pas trop, ni trop peu… Bref, un tourbillon de points de vue, de jugements, de réactions et de calculs.

Le moment venu de les offrir, c’est encore une valse de ce genre qui s’amorce : vont-ils aimer ou détester le cadeau ? Ne sera-t-il pas trop gros ou trop petit par rapport à celui qu’ils vont donner ? « Je n’aime pas, je suis déçu, dois-je le cacher, le montrer ? Qu’est-ce que je fais ? » « Ouf, j’adore, c’est merveilleux ! »

Mais où sont donc les cadeaux là-dedans ?

Ce que les mots racontent…

En français, avant le 18e siècle, le cadeau était un terme de calligraphie, puis il devint un repas, une fête « que l’on donne principalement à des femmes ». Sens déjà vieilli à la fin du 18e siècle, selon le dictionnaire de l’Académie française. Époque où le cadeau devient un « petit présent, une chose que l’on donne à quelqu’un dans l’intention de lui être agréable ».

Comparez cette définition à celle de l’autre mot qu’on utilisait depuis bien longtemps en français — le présent : « don, tout ce qu’on donne gratuitement et par pure libéralité » en tout cas au 18e siècle encore. Après, son sens se fond avec celui du cadeau.

Voyez-vous comme on est passé en un siècle à peine de la générosité séculaire à l’intention de plaire ? Qu’est-ce que cela implique énergétiquement quand on passe de l’énergie du présent à l’énergie du cadeau ?

Petit exercice :

Observez ce qui se passe dans votre tête quand vous vous occupez des cadeaux de fin d’année, ou à n’importe quelle occasion (si vous lisez ceci en été par exemple…). Quelles sont les pensées, les points de vue, les processus de réflexion, les calculs dans la tête ?

Reconnaissez que cela se produit. Sans juger. Puis demandez à qui cela appartient. Pas à vous ? Retournez à l’envoyeur avec la conscience en pièce jointe. Vous y verrez plus clair.

Si vous choisissiez d’offrir ce cadeau à partir du don et de votre esprit de générosité, qu’offririez-vous ?

Branchez-vous énergétiquement sur la personne. Qu’est-ce qui lui ferait vraiment plaisir ? Même si je trouve cela ridicule, moche ou inutile… Tout en honorant vos flux financiers actuels s’il s’agit de quelque chose de matériel. Incluez-vous dans le choix. Incluez votre futur dans le choix. Qu’est-ce que ce choix va créer ?

L’univers transactionnel

Nous avons appris à fonctionner à partir du donnant-donnant. Je te donne, tu me donnes. C’est un échange, une transaction.

Donner crée une obligation explicite ou implicite de retour. Et recevoir (dans cette réalité) crée une obligation de donner un jour. Beaucoup de choses dans notre monde fonctionnent sur un mode transactionnel.

Par ailleurs, nous avons appris que donner était bien, mais que recevoir était mal ou égoïste. Si bien qu’on nous apprend à donner, donner, donner, même à notre détriment. Sans nous apprendre à recevoir. Pire encore, nous avons fini par croire que donner par générosité, c’était aussi devoir refuser de recevoir. Sans compter le « pour recevoir, je dois donner » qui n’est bien entendu pas dépourvu d’attentes…

Et, à quel point refusez-vous de recevoir de tout, de l’Univers, de recevoir de l’argent, de cadeaux, pour ne pas être redevable ?

Comment recevez-vous ?

Recevez-vous les compliments, la reconnaissance, les cadeaux « injustifiés » (ce n’est pas votre anniversaire, ni Noël, ni aucune autre occasion). Comment vous sentez-vous en pareille situation ? Êtes-vous à l’aise ou embarrassé ? Dites-vous simplement merci, ou bien vous êtes-vous gêné et bredouillez quelque chose d’idiot ?

Quand on vous complimente sur votre tenue, dites-vous qu’elle est vieille, que vous l’avez depuis des années ou qu’elle ne vous a rien coûté, que vous l’avez achetée sur un marché, comme pour en diminuer sa valeur ? Et si vous vous entraîniez désormais à dire « merci » quand on vous complimente ?

Quand on vous remercie pour un service, dites-vous que ce n’est rien, que c’est normal, ou « qu’il n’y a pas de quoi » ? … Il n’y a pas de quoi ! Il n’y a pas de quoi vous remercier… ! Et si vous répondiez à la place : « Avec plaisir ! » Qu’est-ce que cela changerait ?

Pire encore, vous êtes venu les mains vides à une fête d’anniversaire — oh abomination ! Pourtant on vous avait bien dit « je ne veux pas de cadeaux ». (Et combien de points de vue se cachent derrière « Je ne veux pas de cadeaux » ?) Et tous les invités ont apporté quelque chose ! Un grand moment de solitude ? De honte ? Qu’est-ce qui remonte ?

La simultanéité d’offrir et de recevoir

Et si autre chose était possible ? Et si tout ce truc de transaction n’était qu’une invention ? Que faudrait-il pour que les cadeaux redeviennent des vrais présents ? Que nous puissions offrir et recevoir des cadeaux sans qu’il y ait de gêne ou d’embarras, sans réciprocité implicite, sans équilibre ?

À quel point avons-nous gobé que nous étions de mauvaises personnes et qu’immanquablement nous ne donnions que dans l’espoir de recevoir ? Est-ce bien vrai ? Ou bien est-ce un mensonge ?

Quand vous offrez un cadeau à partir de l’espace de la générosité, du don, vous n’avez aucune attente, aucune projection, aucun jugement ni de vous ni du cadeau que vous avez choisi ni de la réaction que l’autre aura ou n’aura pas en le recevant. Vous êtes juste heureux d’offrir. Et l’autre, lorsqu’il reçoit votre cadeau vraiment, vous offre le plaisir d’avoir fait plaisir ! En recevant vraiment un cadeau, nous donnons aussi. C’est la simultanéité d’offrir et de recevoir.

Avec le donnant-donnant, toute bonne chose se paie !

Marilyn Bradford (dans La bonne Réparation pour toi) nous rappelle que ce fonctionnement du donnant-donnant nous inculque que nous devons payer tout. Tout ce qui est bon dans notre vie nous coûte. (Je reçois un cadeau, mais il vaut autant, et maintenant, je dois autant.)

Mais lorsque nous allons au-delà du donnant-donnant et que nous entrons dans l’espace de la générosité, de l’offrir et recevoir simultanés, nous pouvons avoir toutes les bonnes choses sans que cela ne coûte quoi que ce soit. Nous sortons de l’univers transactionnel.

Quand nous apprenons enfin à recevoir (sans jugement, sans point de vue), nous pouvons recevoir tout et de tout (de la Terre, de la nature, des animaux, des objets, des esprits, des gens qui vous entourent et même des imbéciles et des empêcheurs de tourner en rond !)

Voyez-vous maintenant aussi que lorsque vous êtes disposé à recevoir, vous devenez vous-même le cadeau ?