Qui voulez-vous sauver ?

On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Qu’est-ce que cela veut dire en réalité ? Combien de fois intervenez-vous dans les affaires de vos amis, de vos enfants, de votre partenaire, de vos collègues ? Avec toutes les bonnes intentions du monde ! Qui voulez-vous sauver ?

Être une bonne personne

Nous fonctionnons à partir de toute une série de présomptions. Une série ? Non, un dieulliard de présomptions ! Parmi elles, tout ce qui fait une bonne personne. Un bon ami. Un bon parent. Un bon époux ou partenaire. Un bon collègue, un bon voisin, etc. Vous avez compris…

Et pour être une « bonne personne », il semblerait que nous ayons acheté l’idée qu’il fallait sauver nos proches. Votre meilleur ami est sur le point de faire une « bourde » monumentale ? Votre ado fait des choix « délétères pour son futur » ? Votre partenaire s’enfonce dans la dépression et refuse tout aide ?

Et vous voulez absolument y faire quelque chose. Ou vous vous devez absolument d’y faire quelque chose.

Qui exactement a dit que vous deviez y faire quelque chose ? Et sur quoi vous basez-vous exactement pour juger ce dont l’autre a besoin ? Et ce qui est bon ou pas pour lui ? L’autre a-t-il la même perspective que vous ? Et qu’est-ce qui confère le sceau de la vérité à vos points de vue par-dessus tous les autres ?

Les bonnes intentions qui étouffent

Plus les gens nous sont proches, plus nous sommes attachés à leurs choix. Plus vous mettez de pression sur eux. C’est comme si vous étiez littéralement sur leur dos en train de guetter leurs faits et gestes pour vérifier qu’ils font bien le bon choix (de votre point de vue) et qu’ils ne font pas le mauvais choix (de votre point de vue). C’est encombrant. Et cela ne leur laisse pas beaucoup d’espace pour voir d’autres possibilités.

Dans ce cas de figure, il y a de fortes chances que la personne choisisse exactement ce que vous redoutez ! Plus vous nourrissez de craintes et plus vous avez de points de vue sur quelque chose à éviter, plus cette chose en question a de chances de se réaliser.

Offrir le cadeau de l’espace

Quand vous vous voyez faire ce genre de chose, arrêtez-vous et faites un pas de côté. Expansez-vous. Vous serez alors plus spacieux. Vous serez plus léger et le poids de vos points de vue s’allégeront.

Vous pourrez utiliser par exemple l’outil « point de vue intéressant que j’aie ce point de vue » sur vos points de vue par rapport au choix que l’autre semble sur le point de faire. Puis « point de vue intéressant que l’autre ait ce point de vue ». Il suffit de dire ou penser « point de vue intéressant » pour tous les points de vue que vous repérez. Répétez et observez l’énergie changer. Et recommencez jusqu’à ce que la charge s’allège.

L’autre aura alors plus d’espace autour de lui, vous ne lui collerez plus aux basques ni physiquement ni énergétiquement et votre espace invitera l’autre à être espace également. Seulement alors, il pourra éventuellement se poser d’autres questions ou chercher plus d’informations sur le choix qu’il envisage, ou regarder ce que son choix va créer. Ou pas. Mais il aura l’espace pour le faire.

Pour sauver, vous devez juger

Sauver est-il bien l’acte héroïque qu’on voudrait nous faire croire qu’il est ? Pour sauver quelqu’un, il faut avoir jugé d’abord. Avoir jugé les choix que l’autre fait, comme nous l’avons vu plus haut. Mais, vous devez juger aussi sa capacité à gérer sa propre vie et à faire ses propres choix.

En réalité, en tant que sauveur, vous n’avez pas confiance que l’autre soit capable de choisir pour lui-même.

Empuissancez-vous quand vous sauvez ?

L’une des cibles d’Access Consciousness® est d’empuissancer les gens. Voilà un mot intéressant que la langue française a dû improviser à partir de l’anglais, le fameux empower ; littéralement « mettre dans le pouvoir ». L’idée de l’empuissancement est de fournir aux personnes les informations et les moyens de revendiquer et d’assumer leur capacité intrinsèque à choisir pour eux-mêmes. Pas de faire quoi que ce soit à leur place.

C’est la fameuse analogie d’apprendre à un homme à pêcher qui le nourrira toute sa vie, plutôt que de lui donner un poisson qui ne le nourrira qu’un jour. Quand vous prenez la position du sauveur ou du protecteur, vous devez rendre l’autre plus petit, et lui « donner un poisson ».

Alors, quand vous prend l’élan d’intervenir pour les autres, demandez-vous si vous allez empuissancer l’autre ou l’aliéner ? Allez-vous contribuer ou vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ?

Quel cadeau pouvez-vous être pour l’autre alors ?

Quand vous n’avez plus de projection sur ce que l’autre devrait choisir ou pas, vous êtes libre de contribuer sans jugement. Demandez alors : « Quelle contribution puis-je être ici ? » « Qu’est-ce que l’autre requiert de ma part ? »

Cela veut dire que vous êtes disposé à fournir l’aide que l’autre vous demande, pas celle que vous avez décidé être juste ou la meilleure.

Cela veut aussi dire que la plus grande contribution que vous puissiez être est peut-être de ne rien faire ou de faire quelque chose qui serait jugé comme l’inverse d’une contribution ou d’une aide. Parfois ce qui va créer le plus grand changement n’est pas ce que vous pensez.

On pourrait encore prolonger cette conversation beaucoup plus loin… Mais retenez ceci :  vous ne pouvez sauver personne, ni changer personne.

Alors, quelle véritable cadeau et contribution pourriez-vous être pour votre entourage et pour le monde si vous renonciez à être un sauveur ?

Pour aller plus loin

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